Le cumul emploi-retraite va profondément évoluer à partir de 2027 et devenir moins avantageux pour certains assurés. Qui est concerné ? Quelles évolutions anticiper ? Et pourquoi avez-vous peut-être intérêt à avancer votre date de départ ? On vous explique.
Retraite : ce qui change en 2026 !
Publié le 05/01/2026
L’année 2026 amène avec elle un lot de changements pour le système de retraite français. Entre les débats politiques autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026) et les ajustements automatiques appliqués chaque début d’année, de nombreuses règles évoluent, ou sont appelées à évoluer, pour les particuliers et les entreprises. Sapiendo fait le point sur les principaux changements retraite applicables en 2026, et sur ceux qui se dessinent pour les années suivantes.
La suspension de la réforme
Suspension de la réforme des retraites de 2023 : un calendrier des départs redessiné
Annoncée à l’automne dernier par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la suspension de la réforme des retraites de 2023 modifie temporairement le calendrier des départs à la retraite pour plusieurs générations.
À compter du 1er septembre 2026, l’âge minimum légal de départ et la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein seront gelés temporairement. Autrement dit, la montée progressive prévue par la réforme est mise en pause. Les premières générations concernées sont celles nées en 1964 et 1965, qui pourront, sous conditions, partir plus tôt que prévu initialement.
Cette suspension a également un impact indirect sur le dispositif carrière longue, dont le calendrier est lui aussi décalé. Certaines personnes ayant commencé à travailler tôt pourront ainsi bénéficier de conditions de départ plus favorables.
Il est important de rappeler qu’il s’agit d’une suspension, et non d’une suppression de la réforme. Si le calendrier initial devait reprendre après l'élection présidentielle de 2027, les âges de départ et durées de cotisation augmenteraient de nouveau progressivement, selon les modalités prévues par la réforme de 2023.

Un coup de pouce pour la retraite des mères de famille
Retraite des mères de famille : une évolution du calcul de la retraite de base
Le PLFSS 2026 introduit plusieurs mesures destinées à mieux tenir compte des spécificités des carrières féminines, souvent marquées par des interruptions ou des périodes à temps partiel notammentquand elles ont des enfants. Deux évolutions majeures sont prévues cette année :
- Une modulation du calcul de la retraite de base selon le nombre d’enfants, dès janvier 2026. Concrètement, le salaire annuel moyen (SAM) sera désormais calculé sur 24 années pour les mères d'un enfant, et sur 23 années pour les mères de deux enfants ou plus.
- Un accès facilité au dispositif carrière longue, à compter de septembre 2026, grâce à la prise en compte de jusqu’à deux trimestres liés aux enfants (trimestres enfants ou de congé parental) dans la durée d’assurance requise.
Un durcissement du cumul emploi-retraite
Cumul emploi-retraite : vers un durcissement du dispositif
Autre mesure importante : le cumul emploi-retraite, qui permet de poursuivre ou de reprendre une activité lorsque l'on est retraité, évolue à nouveau. À partir de 2027, le PLFSS prévoit une restructuration du dispositif selon des paliers d’âge :
- avant 67 ans, c'est-à-dire l'âge du taux plein automatique, le cumul serait fortement limité,
- le cumul intégral ne serait pleinement possible qu’à partir de cet âge. C'est aussi seulement à partir de 67 ans que le cumul permettra de générer une 2e pension de retraite.
Cette évolution vise à encourager le maintien en emploi des seniors tout en maîtrisant les dépenses publiques. À terme, le nombre de situations de cumul emploi-retraite intégral pourrait donc diminuer sensiblement.
Loi sur l'emploi des séniors du 25 octobre 2025
Entreprises : de nouvelles obligations sur la gestion de fin de carrière
La loi du 25 octobre 2025 introduit de nouvelles règles pour les entreprises en matière de gestion des fins de carrière, applicables dès 2026. Parmi les principales nouveautés :
- l’instauration d’une négociation périodique dédiée aux salariés expérimentés,
- un encadrement plus précis du refus d’une demande de retraite progressive,
- l'instauration d'un entretien de parcours professionnel "sénior" dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans du salarié
- l’expérimentation d’un contrat de valorisation de l’expérience (CVE).
Ces mesures renforcent les obligations des employeurs en matière d’emploi des seniors et de gestion des âges.
Les changements paramétriques de début d'année
Les revalorisations de pension
Tous les ans, les pensions de retraite font l'objet d'une revalorisation. Cette année n'échappe pas à la règle, bien que les revalorisations soient moins significatives que celles de l'année passée en raison d'un ralentissement de l'inflation.
En fonction du calendrier de versement de votre ou de vos caisses de retraite, les premières pensions revalorisées pourront commencer à ne vous être versées qu’en février.
Parmi les revalorisations déjà connues, on retrouve notamment :
| Caisse de retraite | Revalorisation | Décryptage |
| Retraite de base | Gain | |
| Cnav (régime général), MSA (agriculteurs), SRE (fonctionnaires d’État, magistrats, militaires), CNRACL (fonctionnaires territoriaux), SSI (indépendants), SNCF, RATP, industries électriques et gazières | 0,9% | Pour une pension de base de 1200 € brut par mois en 2025, cela représente un gain de 10,80 € en 2026 (1 210,80 €). |
| Montant minimum de la pension de réversion | 0,9% | Il est porté à 334,92 € par mois (soit 3 € de plus qu’en 2025) pour une durée d’assurance d’au moins quinze années. |
| Retraite complémentaire | Nouvelle valeur du point | |
| Agirc-Arrco (salariés du secteur privé) | 0% | 1,4386 € |
| Ircantec (contractuels de la fonction publique) | 0,9% | 0,56053 € |
| RCI (indépendants) | 0,9% | 1,347 € |
Les autres évolutions paramétriques influant sur la retraite
Comme tous les ans, le mois de janvier vient également avec son lot de changements paramétriques divers qui ont un impact sur les droits à la retraite.
- Le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), utilisé comme base d’un certain nombre de plafonds pour la retraite obligatoire, mais aussi pour le plafond de déductibilité des versements effectués sur un Plan Épargne Retraite (PER), est revalorisé de 2,04% et s’élève à 48 060 € (soit 4 005 € par mois).
- Le revenu validant un trimestre retraite, qui est indexé sur le SMIC, est quant à lui augmenté à hauteur de 2% : il faut désormais gagner à minima 1 803 € brut pour valider 1 trimestre, soit 7 212 € brut pour valider 4 trimestres.
- Le minimum contributif (MICO), qui garantit une pension de retraite minimale lorsque vous avez cotisé sur de faibles salaires, est porté à 756,29 € par mois. Le MICO majoré est quant à lui porté à 903,93 € par mois.
Une analyse personnalisée reste essentielle pour mesurer les conséquences concrètes de ces évolutions sur votre situation. Nos experts retraite accompagnent particuliers et entreprises pour sécuriser les choix de fin de carrière et anticiper les évolutions à venir.
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